Les serres connectées sont basées sur les technologies les plus récentes pour permettre de réaliser quelque chose quelque l’homme à appris à faire il y a plus de 10 000ans : Faire pousser des végétaux. Est-ce réellement utile ou bien simplement un gadget de bobo ?

Parfois, les choses sont paradoxales. La vie végétale est d’une puissance assez incroyable : rares sont les lieux où une plante n’a pas su s’adapter à son environnement : températures extrêmes, sécheresse, humidité, froid… la vie trouve toujours un chemin, une façon de s’en sortir et sans l’aide de l’homme (qui lui pourri plus souvent la vie qu’il ne lui facilite d’ailleurs…)

La nature trouve toujours une solution pour se développer
La nature se fraye toujours un chemin, même dans les endroits les moins accueillants

Quand on se rend compte de tout ça, on se dit que les plantes sont bien assez grandes pour se débrouiller seul, que depuis pratiquement 500 millions d’années, elles n’ont pas eu besoin d’hommes ni de technologie pour se développer, grandir et se reproduire.

Mais toute la différence entre l’agriculture et la vie végétale sauvage, c’est que dans le cas de l’agriculture on va chercher à produire des espèces bien particulières, plutôt que de laisser la nature décider des plantes qui pousseront dans notre jardin. Et ça, ça change tout.

Légumes du potager
Malheureusement, ce genre d’aliments ne pousse pas spontanément sans un peu d’aide

On en a fait l’expérience lors de la saison 2019. La grande majorité de ce que nous avons planté dans notre potager n’as pas survécu (principalement à cause du manque d’eau et d’un sol assez pauvre). Pourtant, la vie n’était pas absente, et nombreuses sont les plantes qui ont prospéré à côté de nos tomates, aubergines et salades : chardons, chiendent, coquelicots…

Toute la difficulté est donc de faire pousser et prospérer certaines espèces bien spécifiques qui ont une haute utilité pour l’Homme. L’objectif étant de se nourrir, nous avons impérativement besoin d’une certaine quantité de production agricole, il y a donc, quelque part, une certaine notion de productivité.

Un manque de connaissance en jardinage

Nos grands-parents ont bien essayé de nous transmettre certaines compétences pour arriver à faire pousser quelques aliments dans le jardin. Mais quand on a moins de 10ans on ne se rend pas forcement compte de la valeur immense de se savoir et on préfère jouer au policier et au voleur plutôt que de planter des oignons et équeuter des haricots.

Transmission du savoir pour la culture du potager

Plus tard les cours de SVT nous ont expliqué le principe de la photosynthèse ou encore de la division cellulaire, mais c’est bien loin des compétences à avoir pour faire un potager.

Bref, après 2 ans à essayer de faire pousser des légumes dans notre jardin, on doit se rendre à l’évidence : Aussi merveilleuse et puissante qu’est la nature, quand on veut faire pousser des plantes bien précises, il faut un certain savoir-faire et malheureusement on ne trouve plus grande monde aujourd’hui pour nous le transmettre.

La technologie à la rescousse

Si personne n’est là pour nous transmettre le savoir faire, on doit se débrouiller seul, mais c’est un apprentissage très long. L’idée de certains, c’est de s’appuyer sur la technologie pour avoir une sorte d’assistant qui nous fournit des informations et des conseils pour réussir au mieux ses plantations.

Prenons un exemple assez simple : L’humidité du sol. Chaque plante à ses préférences, aime l’humidité alors que ça sera fatal pour d’autres. Un jardinier avec de l’expérience pourra immédiatement juger du manque ou d’excès d’eau du sol en fonction des plantes. Juste en un coup d’oeil, parce que depuis des dizaines d’années il a vu comment les plantes ont évolués et réagi en fonction de l’humidité du sol et il a pu acquérir une expérience à ce sujet là. Mais sans expérience, on peut utiliser un humidimètre, un petit appareil qui va nous donner le taux d’humidité d’un sol. Ensuite on pourra trouver sur internet, pour chaque plante, le taux d’humidité idéal et en fonction des résultats de l’humidimètre, on pourra facilement faire des ajustements.

Testeur d'humidimétre pour le potager
Exemple d’humidimètre basique (Source )

C’est un exemple de comment la technologie peut pallier à un manque de connaissance, et il en existe bien d’autres. Le Ph (en gros, l’acidité du sol) est un facteur déterminant pour les cultures. Là encore, avec de l’expérience, on peut deviner si le Ph est trop élevé ou trop faible juste en regardant l’allure de la plante ou des adventices qui poussent à côté. Mais quand on ne sait à peine à quoi ressemble une aubergine et qu’on est incapable de reconnaître un plan de potimarron d’un plan de melon, estimer le Ph de sa terre juste grâce aux observations est une mission impossible. Mais là encore, on va pouvoir s’appuyer sur la technologie qui permet de mesurer assez facilement le Ph d’un sol afin d’apporter des corrections si nécessaires.

Humidité du sol, PH, mais aussi température, aération, luminosité, etc. La technologie peut être une aide extrêmement précieuse quand on part de zéro ou presque.

D’une autre façon la technologie peut aussi permettre de remédier à ce manque de connaissance grâce à l’outil fantastique Internet qui permet à tout le monde d’échanger rapidement sur des sujets précis et pointus. Grâce aux forums et aux réseaux sociaux, on trouve facilement des jardiniers plus expérimentés prêts à partager leurs connaissances gratuitement. On peut également avoir des retours d’expériences précieux, sur des cultures, des climats, des techniques, etc. sans forcement devoir tout tester soit même pour se faire un avis.

Un outil, pas un robot

Personnellement, notre vision sur la question des serres connectées et plus généralement des outils technologiques pour l’aide à la culture, c’est que ça doit toujours rester un outil, qui là pour nous aider et nous faciliter la tâche d’apprentissage.

Jardin potager pour l'autonomie alimentaire

Dans notre cas, nous souhaitons devenir le plus autonome possible d’un point de vue alimentaire pour ne plus être dépendant de techniques de culture que nous n’approuvons pas ou d’un système de distribution qui cherche à s’enrichir plutôt que de proposer des produits de qualités et une juste rémunération des producteurs. Mais nous ne souhaitons pas remplacer cette dépendance par une dépendance à la technologie. Pour nous, l’objectif à long terme est de savoir faire pousser nous-même notre nourriture et d’arriver à avoir emmagasiné assez de connaissance pour se passer si besoin des technologies.

L’exemple de MyFood

Nous avons découvert récemment une entreprise nommée MyFood.eu qui conçoit et fabrique des serres connectées. Ce qui nous intéresse c’est qu’ils proposent des serres modulables et plusieurs types de cultures : permaculture, aéroculture, aquaponie… avec comme objectif d’avoir une production assez conséquente tous au long de l’année.

Serre connectée myfood.eu
Exemple de serre connecté MyFood (Source : Insgram @myfood.eu)

Ils ont développé un système de central et de réseaux de capteurs pour collecter des données et recevoir des conseils en fonction de celles-ci. Ce qu’on trouve génial c’est qu’ils ont publié tout ça en Open Source : c’est à dire que n’importe qui peut récupérer gratuitement le code du système (disponible ici sur Github) et recréer un système similaire chez lui. Alors oui, ça demande un peu de connaissance en informatique et électronique, mais c’est une ressource précieuse pour ceux qui comme nous ont l’habitude de ce genre de chose.

Comme nous le disions plus haut dans l’article, Internet permet aussi le partage d’informations entre particuliers de façon très facile et rapide. Chez MyFood par exemple cela se fait sous la forme d’un réseau social qui permet à chaque possesseur d’une serre connecté d’échanger avec les autres pour poser des questions, donner son avis, etc. ce qui permet de progresser plus vite dans son apprentissage.

De la connexion un peu, beaucoup à la folie…

Ce qu’on trouve intéressant en s’appuyant sur la technologie c’est que chacun pourra trouver son compte en fonction de ses besoins, de son budget, de ses connaissances et de ses ambitions. On trouve des testeurs basiques d’humidité, température, PH et luminosité tout-en-un pour moins de 20€, mais on peut aussi trouver des serres connectées complètes tout en un et automatisée pour plusieurs milliers d’euros.

On pense que les connaissances en agriculture qui se sont perdues au cours des dernières décennies peuvent être assez rapidement reconstruire en s’appuyant sur la technologie et les nouveaux moyens de partages : Open Source, Internet, forum…


N’hésitez pas à partager avec nous votre point de vue sur la question : La technologie dans le potager vous parait indispensable ? Inutile ? Qu’utilisez-vous ou envisagez-vous d’utiliser pour vous aider à produire fruits et légumes dans les années à venir ?